Un changement de dynamique nécessaire…et moi; comment je me sens?

La résilience, ça vous parle? Malgré des séries d’obstacles et d’épreuves éprouvantes au long de leur parcours de vie, certaines personnes arrivent à rebondir, se réinventer dans l’adversité, tandis que d’autres sont submergés par la négativité et la dépression. (On s’entend bien ici que ce n’est pas un jugement de valeur, car nos mécanismes sont ce qu’ils sont)

Souvent représenté par une balle rebondissante, la résilience nous propulse vers des réflexions intérieures permettant de prendre rapidement un pas de recul pour nous ajuster, faire face, et ressortir grandi par ses expériences.

Voilà ce que je suis: une balle rebondissante. Ou encore sous une autre analogie présentée par « Un coup de pied bien placé »* : un nez de clown. Cette seconde image nous ramène bien à l’attitude de la personne résiliente : »Souriez à la vie et la vie vous le rendra bien. » Cette particularité à vouloir retrouver le bonheur comme état d’esprit et avoir confiance au processus.

Par la force des choses, nous avons tous été confronté à une expérience sociale particulière : le confinement. Certains se sont enlisés pendant un certain temps et d’autres ont rebondi. L’être humain variera ses mécanismes pour se protéger et ainsi, l’actualisation du potentiel sera possible.

J’avais envie de me montrer forte face à mon entourage, mes clients. Une sorte de défi lancé à moi-même que je devais demeurer porteuse de solutions. Mais moi…, je n’y étais plus, envahie par l’inconnu, je me suis arrêtée de compter les jours de la marmotte et j’ai enfin réouvert les yeux pour regarder devant moi.

J’ai dû apprendre à me protéger de moi-même. Apprendre que mon rôle actif professionnel n’était pas attribué temporairement, et que mon seul rôle était de m’occuper de moi. Je vivais une révolte intérieure face à la pandémie et je me disais que je ne me laisserais pas atteindre par cette pandémie et que je trouverais une solution de développement professionnel. Et pourtant, cela sonnait le gong d’une transformation personnelle.

J’avais envie de me montrer forte face à mon entourage, mes clients. Une sorte de défi lancé à moi-même que je devais demeurer porteuse de solutions. Mais moi…, je n’y étais plus, envahie par l’inconnu, je me suis arrêtée de compter les jours de la marmotte et j’ai enfin réouvert les yeux pour regarder devant moi. Je m’étais laissé envahir par mes émotions. Bien sûr par ma capacité de résilience je les avais canalisées, analysées, synthétisées, mais je ne les avais pas « entendues « . Je m’étais laissé absorber par ce trou noir du confinement et je n’existais plus. Mais qui suis-je? Je n’arrivais plus à me définir dans ce nouvel environnement social. Les quand, quoi, comment, pourquoi n’étaient plus disponible pour agrémenter mon analyse, ils m’obsédaient. Je ne savais plus par quel bout m’y prendre… alors je suis revenu au Qui. Je devais redéfinir le Qui dans ce nouvel univers des possibles, et c’est à ce moment que j’ai réalisé que j’avais abandonné MON sac d’outils.

Je n’avais plus de barrières de protection, mon hypersensibilité à la vue de tous et me paralysant de l’intérieur. Écouter de la musique dans mes oreilles me transportant dans un univers sensoriel où chaque mot résonne d’une impulsion émotive. Je pleurais, je dansais, je «trashais», emportée par mes sens, perdue dans les dédales de la nuance émotive.

Vous me voyez venir, bien sûr! J’ai dû établir mon propre plan d’intervention. Force est d’admettre que j’ai une très bonne confiance en moi-même et que certaines compétences se sont mises en latence. En revanche, face à l’inconnu, celles-ci se sont grandement défrichées. Donc rebâtir, mais surtout accepter que je ne puisse toujours changer les choses ET avoir de l’estime personnelle pour l’individu que je serai désormais, mon ancrage.

Je crois que j’avais peur de la solitude. Et pourtant, je devrais en avoir grandement besoin avec le type de travail que j’exerce. Je me suis mise à méditer et à développer une activité spirituelle quotidienne. J’ai appris à respirer en utilisant l’application Respirelax que Mélissa Boulanger, ergothérapeute* m’avait chaudement recommandée par le passé. J’ai fait des séances de Yoga avec mon nouvel ami YouTube. J’ai ressorti ma boite de pelotes de laine et j’ai tricoté. J’ai voulu faire un défi Facebook au pastel à l’huile en souvenir de mon adolescence, et finalement je me suis remise au dessin. Tant de choses qui avait disparus de mon quotidien et dans lesquels je m’émancipais. À force de courir après le temps, ma structure organisationnelle de ce dernier n’était plus en équilibre. Et mes interactions devenaient biaisées.

Ah oui! Il y a une préadolescente à gérer en même temps, et un mari. On ne les oublie pas, mais ce billet est axé sur SOI et qu’on a trop tendance à se mettre de côté et ce que l’on a appris face à cela en confinement.

Sur le plan comportemental, on retiendra que tous ces éléments gravitent autour d’un même concept: l’autonomie. Sujet central de notre évolution personnelle, jalon du développement de l’actualisation de soi. À la base, cela nous permet de nous gouverner par nos propres lois, nos propres règles. Donc dans cette mise à jour personnelle, je devais établir de nouvelles limites, mais aussi de nouveaux objectifs reliés à ce mode de vie. Adapter mon jugement et faire preuve de patience. Être bienveillante face à moi-même pendant cette phase d’apprentissages qui nous confronte à devenir une meilleure version de nous-même. À mon avis, au-delà des résolutions fait au nouvel an, plus près des objectifs de vie concrets et appliquer dans un changement de priorité et de nos valeurs individuelles et familiales qui amorceront un réel changement de société.

En somme, le confinement m’a rappelé que ce concept d’autonomie que je martèle haut et fort en conférences depuis des années; il est nécessaire afin que nous soyons disponibles à l’apprentissage et curieux face à notre environnement et ce, même dans le changement!